BULLETIN PRESAO 6
PREVISION SAISONNIERE DES PLUIES SUR LA SAISON JUILLET-SEPTEMBRE 2003 EN AFRIQUE DE L’OUEST, LE TCHAD ET LE CAMEROUN
PRESAO-06 (Première mise à jour)
A. RAPPEL
Au niveau des échelles temporelles interannuelles, la variabilité de la température dans le Pacifique tropical (El Nino/La Nina) et dans l’Atlantique tropical influence le climat saisonnier sur l’Afrique de l’Ouest et la bande Sahélo-Soudanienne.
Les conditions La Nina (ou El Nino ) coïncident souvent avec une saison pluvieuse Juillet-Septembre plus humide (ou plus sèche) que d’habitude (moyenne de la période) sur la majeure partie de la région Sahélo-Soudanienne.
Sur cette même saison, quand les eaux du Golfe de Guinée sont plus chaudes (ou plus froides) que d’habitude (conditions moyennes) pendant les mois de Juin-Juillet, il s’établit des conditions plus sèches (ou plus humides) sur le Sahel et des conditions plus humides (ou plus sèches) sur les régions proches de l’équateur.
Enfin, lorsque le dipôle atlantique se trouve dans une configuration d’anomalies froides au Nord de l’équateur et chaudes au sud (ou chaudes au nord et froides au sud), il s’établit des conditions plus sèches (ou plus humides) sur le Sahel.
B. ETAT DE L'OCEAN GLOBAL AU PRINTEMPS 2003:
La Prévision saisonnière des pluies a été élaborée à Niamey (Niger) au siège du Centre Africain pour les Applications de la Météorologie au Développement (ACMAD) le 12 Mai 2003 pour la période de juillet à septembre 2003 sur l'Afrique de l'Ouest, le Tchad et le Cameroun. Cette élaboration de la prévision a tenu compte de l'état de l’Océan Global au printemps (avril) ainsi que son évolution et ses impacts sur le climat régional.
La mise à jour de cette prévision, intervenue le 02 juillet 2003, s’est fondée sur les derniers développements dans l’Océan Global.
Au niveau du Pacifique (NINO3) :
Pendant la période Nino2002/2003, le refroidissement des eaux amorcé depuis le début du mois de janvier a persisté de manière sensible pour atteindre des conditions la Nina à partir du début de la seconde quinzaine du mois de mai. Ces conditions la Nina se sont maintenues par la suite mais elles ont commencé par s’atténuer à partir du début de la seconde quinzaine de juin. Selon les estimations des modèles globaux, cette atténuation devrait se poursuivre durant les mois à venir pour donner lieu à anomalies qui se maintiendraient légèrement en dessous de zéro. Cette situation correspond habituellement à une pluviosité suffisante et proche des valeurs moyennes de la saison au sahel.
Toutefois, il faudrait rester assez prudent et veiller sur l’état du pacifique équatorial. En effet, il n’est pas exclu qu’une évolution vers la Nina s’amorce de nouveau.
Au niveau de l'Atlantique tropical :
Le réchauffement de la surface de la mer observé depuis le début de l’année sur les côtes du Golfe de Guinée et sur l’Atlantique tropical Sud, s’est maintenu jusqu’en mai, mois à partir duquel un léger refroidissement à commencer par s’installer pour atteindre des anomalies négatives significatives en juin. Les plus faibles anomalies négatives ont été observées du 08 au 14 juin sur un domaine relativement important. Sur la période du 15 au 21 juin, ce domaine des anomalies négatives s’est considérablement réduit en faisant apparaître des poches de faibles anomalies positives le long des côtes. Du 22 au 28 juin, ces anomalies positives se sont intensifiées et ont intéressé presque tout le golfe de guinée. Cette situation d’anomalies positives ne devrait pas persister longtemps. Elles s’estomperont assez rapidement pour laisser place à des anomalies négatives assez significatives au cours du mois de juillet.
Ce schéma correspond statistiquement à des précipitations au-dessous de la normale sur les régions du Golfe de Guinée et en dessus de la normale sur la partie sahélienne.
Pour ce qui concerne la partie Nord-Est de l’Atlantique tropical, les anomalies positives observées depuis le mois d’avril se sont maintenues jusqu’à la fin de juin, tout en s’intensifiant. Il apparaît que ce réchauffement persistera durant la saison ; ce qui amènerait à une configuration du dipôle Atlantique, positive au Nord et négative au Sud. Cette configuration conduit généralement à une pluviométrie supérieure à la normale sur les régions sahéliennes ainsi qu’à des précipitations relativement importantes sur la Mauritanie et le Sénégal.
Il convient de faire remarquer qu’une forte variabilité caractérise les températures sur l’Atlantique tropical. Il sera par conséquent particulièrement important de suivre attentivement l'évolution des anomalies de température de l'Atlantique tropical pendant les mois à venir.
Remarques : Les prévisions figurant sur la carte jointe représentent, à l’étape actuelle, une estimation consensuelle des impacts des différents comportements des océans sur le régime des précipitations régionales. Une deuxième mise à jour interviendra vers la fin du mois de juillet, avec les nouvelles observations de température de la mer.
C. METHODOLOGIE.
L’élaboration cette prévision a été effectuée à partir des résultats des modèles dynamiques couplés Océan – Atmosphère et la synthèse des modèles nationaux et internationaux physiquement plausibles et basés sur l’approche statistique. En dehors du Bénin, Niger, Ghana, Togo, Burkina Faso, Gambie, Guinée Bisao, Tchad, Nigéria et de la Côte d’Ivoire qui ont participé à cette mise à jour, les autres pays de la sous-région à l’exception de la Sierra Leone, Libéria et Guinée Conakry, ont envoyé leur prévision par courrier électronique. Pour inclure toute la sous-région dans la prévision, une extrapolation a été effectuée.
Pour exploiter les donnés de cette prévision, il est fortement conseillé de contacter les Services Hydrologiques et Météorologiques Nationaux pour une interprétation plus détaillée des résultats de la prévision et obtenir éventuellement des directives additionnelles.
Pour la présentation de la prévision, les experts utilisent des informations des modèles de prévision pour estimer la probabilité que le total saisonnier des précipitations de cette année appartienne à l’une des trois catégories.
Définition des catégories
La Normale pluviométrique utilisée, est définie ici comme la pluviométrie moyenne des 30 ans, sur la période 1961-1990.
· La catégorie "au-dessus de la normale" correspond au tiers des observations dont les cumuls pluviométriques ont été les plus élevés (33%).
· La catégorie "au-dessous de la normale" correspond au tiers des observations dont les cumuls pluviométriques ont été les plus faibles (33%).
· La catégorie "proche de la normale" correspond au groupe des années restantes (33%).
Après avoir passé en revu les informations sur la prévision, le domaine de prévision a été divisé en quatre zones :
Zone I : Zone à l’ouest du Sahel incluant le sud de la Mauritanie, le sud-ouest du Mali, le Sénégal, la Gambie et la Guinée Bisao.
Zone II : limitée au nord par la parallèle 17°N, au sud par celle de 8°N, au nord-ouest par la zone I, au sud-ouest par les côtes atlantiques de la Guinée Conakry et à l’est par environ 11°E de longitude. Elle couvre la Guinée Conakry, une grande partie du Mali, le Burkina, la moitié ouest du Niger, la moitié nord de la Sierra Leone et des pays du Golfe de Guinée allant de la Côte d’Ivoire au Nigéria.
Zone III : elle est constituée de la partie Est du Niger, du nord-Est du Nigéria, du Tchad et du Nord du Cameroun.
Zone VI : située au sud de la zone I et allant de la moitié sud de la Sierra Leone suivant la parallèle 8°N jusqu’à l’Est du Nigéria où une courbure progressive vers le bas prend en compte tout le Sud du Nigéria et le Sud-Ouest du Cameroun.
D. PREVISION SAISONNIERE DES PLUIES POUR JUILLET-SEPTEMBRE
2003 SUR L’AFRIQUE DE L’OUEST LE TCHAD ET LE CAMEROUN (voir carte)
A l’issue de la consolidation des prévisions établies à l’échelle nationale, par consensus entre ces produits et ceux issus des centres globaux, la carte ci-après est établie pour illustrer la mise à jour de la prévision saisonnière des pluies sur l’Afrique de l’Ouest, le Tchad et le Cameroun. Une deuxième mise à jour sera effectuée au cours des semaines à venir, au forum de Banjul en début août ainsi que par les Services Hydrologiques et Météorologiques Nationaux.
§ Pour la Zone regroupant le sud de la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie et le sud-ouest du Mali (zone I sur la carte), il y a des probabilités dominantes pour des conditions pluviométriques "supérieures à la normale avec une tendance vers proche à la normale".
§ Pour la zone limitée entre les parallèles 8 et 17°N et intégrant toute la partie centrale du Sahel allant du Mali au Niger, la moitié nord des pays du golfe de guinée avec une ouverture sur l’atlantique à partir de la Guinée Conakry (zone II sur la carte), il y a des probabilités d’avoir une pluviométrie "proche de la normale, avec une tendance vers au-dessus de la normale".
§ Pour la zone Est du Sahel comportant l’Est du Niger, le Tchad, le nord-est du Nigéria et le Nord du Cameroun (zone III sur la carte), il existe des probabilités dominantes pour une pluviométrie "proche de la normale, avec une tendance vers au-dessous de la normale".
§ Pour les pays du Golfe de Guinée, allant de la moitié Sud de la Sierra Leone jusqu’au Sud-Ouest du Cameroun (zone II sur la carte), il y a des probabilités dominantes d’avoir une pluviométrie "proche de la normale, avec une tendance vers au-dessous de la normale".
Bien que nous ayons mentionné ci-dessus les catégories de plus forte probabilité cette année, les utilisateurs doivent se souvenir qu’en planifiant la saison à venir, il y a des possibilités d’observer les précipitations dans les autres catégories.
Remarque : suite aux ateliers de formation des années précédentes, chaque service météorologique national participant dispose d’un spécialiste formé à l’interprétation de ces prévisions saisonnières. Les utilisateurs doivent contacter leur service météorologique national pour une aide dans l’interprétation, les informations prévisionnelles additionnelles requises et la mise à jour de la prévision dès que de nouvelles informations deviennent disponibles.
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Légende de la carte:
Pour chaque zone définie par les experts régionaux de la prévision, les nombres figurant dans les 3 cases représentent la probabilité que le cumul saisonnier des précipitations soit dans la catégorie "au-dessus de la normale" (boîte supérieure), "proche de la normale" (boîte du milieu) et "au-dessous de la normale" (boîte inférieure). Ainsi pour la zone I, il y a 45% de chance que le cumul saisonnier des précipitations soit dans la catégorie "au-dessus de la normale", 35% de chance que ce total soit dans la catégorie "proche de la normale", et 20% de chance qu'il se retrouve dans la classe "au-dessous de la normale" (cf. la section C pour la définition des 3 catégories).
Les limites des zones tracées sur la carte doivent être considérées comme des régions de transition pour la prévision.